Alors qu’il y a un an ou deux on a pu entendre et lire à mainte reprise l’expression funeste “we are all keynesian now” dans les médias, la fin de l’année 2010 semble être marquée par l’actualité de la pensée de F.A. Hayek. The Economist, Newsweek, le Wallstreet Journal et d’autres médias encensent maintenant la théorie des cycles de Hayek. Ainsi, on peut lire qu’Hayek a gagné sur Keynes, et même sur Friedman.

Ce n’est pas vraiment que je sois malheureux que l’on s’intéresse à Hayek, l’un des penseurs les plus fascinants du 20ième siècle, mais je dois avouer que j’ai souvent l’impression qu’on ne rend pas justice à toute la richesse et la subtilité de la théorie des cycles dite autrichienne. C’est une littérature lourde et complexe, qui s’appuie sur des débats de fond comme la nature de la formation des prix, la nature des biens de capitaux, la formation des taux d’intérêt, la nature ce qui détermine la confiance dans l’économie, le débat sur la nature de la valeur,  l’origine de la monnaie, et j’en passe. L’une des particularités de l’école autrichienne en économie est d’attirer beaucoup plus de partisans non-économistes que les autres écoles de pensée, mis à part peut-être le Marxisme, qui ne savent pas forcément apprécier toute la subtilité de la théorie.

Je me demande s’il n’y a pas des coûts que l’on ne voit pas au déferlement des versions presque “bande-dessinée” de la théorie autrichienne dans la presse. Ces coûts pourraient par exemple s’exprimer par un brouillage ou un parasitage du message Autrichien. Cela pose la question de la proximité du libéralisme avec l’analyse économique autrichienne ; et si, pour conserver sa crédibilité, la pensée autrichienne avait besoin de plus de distance avec le discours économique courant ?

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